La jeune championne de windsurf et aventurière Sarah Hébert nous faisait l’amitié de répondre à nos questions sur son diagnostic cardiaque, son défibrillateur, sa façon d’appréhender la vie, et ses projets.

-Qu’avez vous ressenti la première fois que le diagnostic de trouble du rythme a été posé? Comment avez vous réussi à dépasser la nouvelle pour continuer malgré tout avancer depuis ce moment là?

J’étais en Nouvelle Calédonie, je réalisais un test d’effort pour la Fédération Française de Voile, examen de routine.

Quand au dernier palier je suis passée à 300 pulsations par minute.

D’abord c’est le coeur qui vous prend à la gorge et bat de façon désordonnée, et excessivement fort, puis au bout de quelques secondes d’arrêt tout est rentré dans l’orde.

Plus tard quand le verdict est tombé avec la possible pose d’un défibrillateur, j’étais étonnée. Je me sentais en pleine forme, jeune et sportive, j’avais du mal à comprendre, pourtant le tracé de ma tachycardie ventriculaire était bien là.

-Ce diagnostic a-t’il changé votre façon de voir les choses ou votre regard sur la vie, le monde, les gens?

La pose de mon défibrillateur a forcément renforcé mon caractère optimiste et épicurien. Plus que jamais je sais qu’il faut en profiter tant qu’il en est encore temps. C’est pourquoi je réalise mes rêves sans attendre.

-Avez vous l’impression d’avoir changé depuis? Comme si cette pathologie vous avait révélé une part de personnalité? Ou êtes vous restée la même absolument?

Je n’ai pas changé, je me suis juste renforcée, cette expérience m’a beaucoup appris sur moi même, et sur la vie en général.

Je me sens bien plus riche qu’avant! Les épreuves sont difficiles mais elles nous apportent tellement.

-Vous êtes bien entendu consciente que porter un défibrillateur n’élimine pas le danger de malaise ou de choc cardiaque, même en haute mer, ou dans les conditions extrêmes du sport de haut niveau. A ce stade, vous devez avoir développé des capacités de compréhension et d’appréhension particulières de vos symptômes

J’ai été implantée le 1er mars 2006, depuis je n’ai eu aucun choc.

Bien évidemment il a fallu une sacré dose de mental pour surpasser l’appréhension du choc, au début elle peut paralyser la personne.

Mais pour moi il était clair que ce boitier était là pour me rendre la vie encore plus possible, donc j’ai fait abstraction.

J’ai navigué avec un gilet, informé mes amis qu’à l’intérieur de mon camion se situe un aimant en cas de rupture de sonde et donc de choc inapproprié. J’ai pris quelques précautions, mais franchement ça n’a pas changé grand chose.

Des risques on en prend tous quoi qu’il arrive. Et comme on ne peut prévoir le jour où on quittera cette terre, il faut simplement en profiter, vivre.

-Qu’est-ce qui vous pousse à dépasser vos limites?

J’ai toujours été curieuse, j’aime l’aventure et la découverte.

Pour moi le sport c’est une hygiène de vie. Repousser mes limites c’est montrer qu’en mettant un bon carburant dans son organisme l’homme est capable de tout réussir, en s’appuyant sur sa force de caractère.

Mais c’est avant tout l’amour de la mer – et ma passion pour la glisse – qui me pousse vers elle, je ne fais que répondre à son attraction. J’ai grandi pendant 11 ans sur un voilier en famille…

-Avez vous conscience d’être un exemple? Ou l’impression d’accomplir une mission?

Un exemple peut être pas, mais en tout cas une incitatrice, un facteur motivant.

Si les gens se disent en lisant mes aventures : mais oui, elle a raison, « avec du coeur tout est possible », alors j’ai gagné ma journée.

Je trouve ça chouette de pouvoir ouvrir une case dans la tête de certains, moi aussi j’ai été inspirée par d’autres.

-Quelle est votre souhait le plus cher au fond?

Etre heureuse comme tout le monde je pense! Et naviguer le plus longtemps possible.

-Quels sont vos projets?

Je suis en préparation d’un projet de 3 ans sur le thème de l’énergie en collaboration avec les enfants du Morbihan.

Nous répondrons à quelques questions comme « Y’a t’il une énergie verte? Quelles énergies pour demain?Qu’est-ce que la décroissance et pourquoi consommez moins demain? »

L’environnement fait partie de mes préoccupations quotidienne. En parler et y réfléchir avec la future génération c’est pour moi une solution durable.

Nous allons appuyer nos réflexions sur mes deux principales expéditions.

La première aura lieu en Amazonie en fin d’année: je vais remonter un des principaux affluent de l’Amazonie en Stand Up Paddle. Cette dernière zone protégée risque de disparaître à jamais car elle est menacée par la constructions de 6 barrages hydrauliques.

En 2014, je m’alignerai sur le départ de la Route du Rhum sur un Class 40 100% ecopowered pour traverser l’Atlantique sans utiliser d’énergie fossile.