Agir sur le corps c’est agir sur l’esprit. Le contraire est encore vrai. Il y a interdépendance.

Avant d’être mise sur le marché, une nouvelle molécule doit prouver son efficacité par apport au placebo – c’est à dire à l’effet seul provoqué par la volonté mise en condition du patient, dans le rapport à sa maladie, et au thérapeute. Cela doit être frustrant pour l’industrie de ne pas pouvoir faire mieux qu’une gélule d’eau salée malgré tous les efforts engagés, mais gageons que la substance active trouvera bien sa place dans un marché parfaitement segmenté au final.

Et que nous apprend l’effet placebo? Si on arrive à convaincre quelqu’un qu’une simple gélule peut le guérir de tous ses maux, une gélule qui contiendrait de l’eau salée ou des vitamines en quantité minime par exemple, et bien les résultats sont là: ça marche si bien que les résultats sont presque aussi efficaces que ceux d’un médicament élaboré après des années de recherche par les plus grandes compagnies pharmaceutiques. Du point de vue de l’analyse psychologique, on s’accorde à dire que le receveur veut plaire à qui l’a séduit, par l’idée ou par la démarche. Quoi qu’il en soit, le thérapeute et le patient se sont trouvés une longueur d’onde commune dans cet espoir de guérison, le dialogue vertueux peut s’engager, le don miraculeux est accepté, le cerveau envoie son message d’harmonie, et le corps suit. Ce qui veut dire, si l’on prend ici le cerveau comme un organe, qu’un corps peut agir par lui-même dans le sens indiqué par la volonté et par l’esprit, mais aussi que des éléments extérieurs qui sont psychiquement admis peuvent avoir de grandes répercussions physiques. Il y a interdépendance du corps à l’esprit et de l’esprit au corps, et de ce patient au monde qui l’entoure. Le fameux effet placebo, c’est l’observation scientifique et prouvée de cette corrélation pourtant toujours parfaitement inexplicable.